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Le piratage en ligne, accélérateur des ventes de DVD ?

19 mars 2009

Plusieurs panels étaient dédiés à la distribution de longs métrages en ligne cette semaine à Austin. Traditionnellement, un des freins à l’adoption de la diffusion sur la toile d’œuvres cinématographiques était en grande partie lié à la peur de favoriser par là même le piratage et donc, in fine, pour l’industrie de se tirer une balle dans le pied.

Cette semaine à Austin, c’est un tout autre son de cloche qui résonnait. A l’occasion d’un panel dédié au futur de la distribution DVD à l’heure du numérique et de la VoD, le réalisateur de Super Size Me, Morgan Spurlock, lançait avec provocation qu’il était bien content que son film ait été téléchargé illégalement via PirateBay et autres réseaux favorisant le peer to peer illégal. Selon lui, les gens qui ont téléchargé illégalement son œuvre ont aussi été ceux qui en ont parlé, qui l’ont recommandée à des connaissances et qui, in fine, ont porté les recettes légales du film, d’une manière certes condamnable mais qui aurait participé à son succès.

Avec un budget de production de 65 000 dollars, ce documentaire consacré aux effets néfastes de la junk food a ainsi engrangé plus de 11,5 millions de dollars de recettes aux Etats-Unis et 9 millions de dollars à l’étranger. Avec une sortie salle limitée sur 230 écrans aux US (à titre de comparaison, The Dark Night a fait l’objet d’une sortie sur 4366 écrans aux US), c’est avant tout via la toile que la promotion du film a été effectuée.
Plébiscité sur SnagFilms, où le film disponible en streaming gratuit est le plus visionné par les internautes depuis plus de 8 semaines, le réalisateur dévoile toutefois qu’au cours de cette période, les recettes engrangées par le partage des revenus publicitaires sur le site n’auraient atteint que 1 200 dollars, tandis que dans le même temps, au cours du dernier trimestre 2008, 70 000 DVD du film auraient été vendus.

D’une manière générale, les professionnels de la distribution en ligne légale ont admis qu’aujourd’hui, sur les titres disponibles sur les plateformes numériques US phares (iTunes, Netflix, Amazon…), 90% des recettes vidéo sont en moyennes réalisées via les ventes et location DVD, et 10% via les publicités adossées au streaming gratuit et téléchargement payant en ligne. Et d’ajouter que si les chiffres des ventes dématérialisées ne sont pas pour l’instant communiquées par les sociétés opérant ces services, c’est parce qu’ils sont pour l’instant dérisoires. Mais l’industrie connait aujourd’hui un tournant stratégique en matière de distribution, et c’est dans la perspective de revenus futurs conséquents qu’il faudrait aujourd’hui adopter ces modèles innovants. En attendant, il semble prématuré d’enterrer son lecteur DVD…

Geraldine Ohana

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