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Quand un docu s’envole grâce au Net

17 mars 2009

L’an dernier, le documentaire Crawford écrit et réalisé par David Modigliani, avec une standing ovation à chaque projection, avait fait beaucoup de bruit à SXSW. Avec son objectif pointé sur les habitants de la petite ville texane d’où Georges Bush est originaire, le réalisateur nous donne l’occasion d’en apprendre un peu plus sur ce président, en explorant son environnement et ses racines.

Sélectionné dans plus de 37 festivals à travers les Etats-Unis, le film, représenté par la société Submarine Entertainment, visait initialement une projection TV sur les chaînes câblées US. Le deal tardant, les producteurs ont finalement décidé d’opter pour une distribution plus originale, avec dans l’idée de permettre à un maximum de personnes à travers le pays d’avoir accès au documentaire.

Conjointement avec la société B-Side Entertainment, spécialisée dans le marketing et la distribution de films indépendants à moindre coût, le film a fait l’objet d’une campagne largement appuyée sur les réseaux sociaux (Facebook, Myspace…) ainsi que d’une première originale sur le site Hulu (site de streaming vidéo gratuit à l’initiative d’une joint venture entre NBC Universal et News Corp. donnant accès aux contenus des majors gratuitement en contrepartie d’inserts publicitaires ; 2ème site vidéo le plus consulté derrière YouTube en février 2009 aux US).

En contrepartie d’une exposition pendant une semaine sur la page d’accueil du site, Crawford a ainsi ouvert la voie aux «premières en ligne» . Avec succès, puisque le premier week-end, Crawford aurait totalisé plus de visionnages en ligne via Hulu, que des documentaires comme Une vérité qui dérange (avec Al Gore) lors de sa sortie en salles (soit plus de 50 000 pages vues).

Cela nous conduit à nous interroger sur la pertinence des sorties en salles des films indépendants et notamment du genre documentaire. La sortie en salles vise avant tout à porter la notoriété d’une œuvre, dont les revenus seront ensuite générés essentiellement par les ventes TV et DVD. Grâce à cette première originale, avec un coût marketing en deçà de 10 000 dollars, Crawford a pu bénéficié d’une exposition auprès de plusieurs millions d’internautes, et conclu ensuite des deals de distribution avec une chaîne TV canadienne, ainsi que Netflix, Amazon et iTunes.

En France, malgré le prestige associé à une diffusion en salle, ne serait-il pas temps de reconsidérer la pertinence des coûts de promotion de plus de 500 sorties annuelles, au bénéfice de coûts marketing plus ciblés, et de plans de sorties originaux, notamment via l’utilisation des réseaux sociaux et d’Internet comme vecteur de promotion et diffusion d’œuvres de qualité ?

Geraldine Ohana

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