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Une édition 2008 morose pour L’American Film Market

18 novembre 2008

L’American Film Market, qui s’est tenu à Santa Monica du 7 au 12 Novembre, n’a pas été épargné par les effets de la crise économique actuelle.

Tandis que la fréquentation globale du marché enregistrait une baisse de 6% (soit 1527 acheteurs au total), ce sont surtout les équipes acquisition en Amérique du Nord qui ont réduit leur contingent sur place (-14%). A l’inverse, les accréditations auprès des acheteurs du Moyen Orient ont eux enregistré une hausse de 25%, +14% pour la Russie et +18% pour la Corée en moyenne. Au total, 409 sociétés, de 36 nationalités distinctes et plus de 5500 professionnels du cinéma s’étaient donné rendez vous à Los Angeles la semaine dernière.

23 sociétés françaises avaient fait le déplacement cette année, au nombre desquelles des habituées de la manifestation, telles StudioCanal, Wild Bunch, Pathé, TF1 International, Gaumont ou encore UGC, mais également des nouveaux entrants sur le segment de la vente internationale (Overlook Entertainment par exemple). Pour accéder au line up complet des films vendus par la France, voir la plaquette Unifrance ici.

Peu de deals ont été annoncés pendant le marché même, notamment parce que les délais de négociation ont tendance à s’allonger dans le climat actuel, même pour des titres prometteurs. Les distributeurs sont en outre peu enclins à la prise de risque et les vendeurs rechignent à brader leurs titres, d’où des négociations longues et serrées. Les « services deal » ont également le vent en poupe, minimisant la prise de risque pour le distributeur par rapport à l’apport d’un minimum garanti (certains films ont d’ailleurs connu un succès retentissant aux USA avec ce type de contrat de distribution, tels « La Passion du Christ » ou encore « My Big Fat Greek Wedding »).

Malgré tout certaines sociétés ont finalement dressé un bilan favorable de cette édition, notamment Summit Entertainment aux USA, qui a conclu plusieurs deals avec des distributeurs internationaux pour le film « the Book of Eli », avec Denzel Washington. Aux dires de Patrick Wachsberger, Président de Summit Entertainment, à l’heure où les ventes DVD déclinent et où la baisse des recettes publicitaires comme la multiplication des écrans de destination pour les films menacent les la profitabilité des ventes TV, le rôle de la salle en tant que premier écran de la vie d’un film redevient prédominant. D’où la nécessité de distribuer moins de films en salles, mais des films ayant un appel grand public, une cible large, et donc un casting A.

Les studios repensent aujourd’hui leurs marchés, changeant la donne pour toute l’industrie. Moins de films sont produits, moins de films distribués en salle, tandis que les sorties direct DVD sont de plus en plus communes, y compris pour des films ayant des castings prometteurs. Dans ce contexte, les producteurs et distributeurs indépendants trouvent dans les nouveaux réseaux des alternatives pour la distribution de leurs titres, à l’image d’IFC qui distribuera une centaine de titres en 2009, via ses offres à la demande « In Theater »et « Festival Direct ».

Géraldine Ohana

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