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Le développement de la vidéo en ligne pourrait accélérer les mutations dans le secteur de la production de contenus

26 décembre 2007

La démocratisation de la vidéo en ligne s’accélère

Selon une étude publiée par Choicestream en décembre 2007, la consommation de vidéo en ligne se démocratise, avec plus de 55% des sondés qui déclarent visionner au moins une vidéo sur internet par semaine à la fin 2007. Parmi eux, 65% déclarent regarder en ligne des contenus professionnels, édités le plus souvent par les studios américains. Au total, 39% des sondés déclarent consommer des contenus audiovisuels sur les nouveaux supports (mobile, iPod, PDA…), l’ordinateur demeurant toutefois leader quand il s’agit de faire de l’ombre au petit écran historique.

Parmi les internautes interrogés, 20% d’entre eux déclarent regarder de plus en plus de vidéo en ligne, et 55% le font au détriment de la télévision traditionnelle.

Selon les conclusions de l’étude, plus de 50% des sondés regardent au moins une heure par semaine des vidéos sur la toile, et 33% plus de 3 heures par semaine.

Derrière les contenus TV traditionnels, la vidéo amateur arrive en tête des consommation vidéo en ligne : 40% des sondés consomment ce type de contenu au moins une fois par semaine.

La grève des scénaristes pourrait accélérer le transfert d’audience vers la TV online

La grève des scénaristes à Hollywood depuis le 5 novembre 2007 pourrait aussi bien avoir des conséquences importantes en termes de transferts des talents vers la TV en ligne. Des négociations seraient en cours entre les auteurs/réalisateurs, et les investisseurs pour développer des formats spécifiquement dédiés à une diffusion en ligne ; ce faisant, l’étape développement avec les studios serait ainsi passée à la trappe, et les négociations ardues précédant la mise en œuvre du processus de production quant au partage des droits, et à la répartition des recettes, hors de propos. In fine, cela aboutirait à la désintermédiation de la production audiovisuelle, les financements, les talents et les spectateurs étant en prise directe, au moins sur les nouveaux médias.

Les rumeurs vont bon train ce mois ci quant à l’avancement de ces négociations. Plusieurs délégations de scénaristes seraient ainsi entrées en contact avec les Venture Capitalists (VC) de la Silicon Valley, pour obtenir les financements nécessaires au développement de scripts et programmes online. Parmi eux, certains veulent dupliquer le modèle développé par Chaplin et ses acolytes lors de la création d’United Artists en 1919, et contrebalancer ainsi le pouvoir des grands studios hollywoodiens qui, selon eux, engrangeraient d’énormes bénéfices à leurs dépens.

Historiquement, les VC de la Californie du nord étaient peu enclins à engager des fonds sur le développement de contenus audiovisuels, investissant en premier lieu dans les Start up au positionnement technologique à priori plus prometteur en termes de retour sur investissement. Cependant, depuis le rachat de MySpace par News Corp. pour plus de 650 millions de dollars, et celui de YouTube par Google pour 1,65 milliard de dollars, le contenu en ligne devient une valeur à suivre de près. D’autant qu’il existe une véritable demande des annonceurs pour du contenu professionnel sur internet, ces derniers étant moins prompts à associer leur image à des contenus amateurs, bien qu’extrêmement populaires, qu’à des programmes de qualité professionnelle. Il y a donc un business modèle, une demande des consommateurs, des investisseurs potentiels, il ne manquait que les talents…

L’effet de ces rapprochements sur la crise actuelle demeure toutefois incertain puisque le nombre de scénaristes en pourparlers avec les VC demeure marginal pour l’instant. Toutefois, si un tel accord venait effectivement à émerger, les studios pourraient voir leur positionnement sur Internet encore à redéfinir, puisque la valeur ajoutée majeure des studios par rapport aux nouveaux entrants sur la vidéo en ligne tels YouTube…demeure le copyright de contenus professionnels.

Déjà en 2007, quelques Start up orientées contenu ont reçu l’appui des VC, à l’image de MyDamnChannel, lancée par un ex dirigeant de MTV Networks, qui propose un modèle original où la chaîne finance la production des programmes et partage à 50% les revenus associés avec les talents.

Avec le déclin des revenus traditionnels (publicité, vente/location vidéo…), les scénaristes ne veulent pas risquer de voir leurs droits sur la vidéo en ligne accaparés par les studios.

Toutefois, prendre leur indépendance aujourd’hui signifierait abandonner des cachets hollywoodiens confortables pour des recettes pour l’instant putatives sur internet. Il s’agit donc pour l’instant de simples pourparlers, visant avant tout à rallier l’opinion et faire pression sur Hollywood pour que le partage des revenus liés à l’exploitation en ligne se fasse aussi au profit des auteurs.

 

geraldine.ohana@missioneco.org

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