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La vague « 2.0 » se décline dans le mobile

26 novembre 2006

Au moment même où les acteurs majeurs du Web se réunissaient dans le cadre du Web 2.0 Summit à San Francisco, quelques 200 acteurs de l’univers du mobile se retrouvaient en plus petit comité dans le cadre de la conférence Mobile 2.0. Cet événement, s’il est resté relativement discret et confidentiel, semble marquer la naissance d’une tendance forte de l’évolution de l’Internet mobile tirant partie des leçons de l’évolution du Web.

Le mobile 2.0 : le web sur mobile

Après avoir longtemps recherché des applications innovantes permettant de tirer parti au mieux de ce nouveau medium de communication, les acteurs présents lors de l’événement semblaient s’accorder à considérer le Web comme le véritable futur des applications mobiles. La vague du mobile 2.0 se résumerait donc au phénomène d’intégration des services Internet sur le mobile.

De l’information en mode push aux contenus générés par les utilisateurs

Au regard de l’évolution de ces services, il est flagrant de constater, comme sur le Web, le bouleversement du cycle de production et de consommation des contenus. L’utilisateur ne souhaite plus recevoir uniquement de l’information en mode push, il souhaite désormais être partie prenante dans sa production et y accéder de façon personnalisée.

Sur le mobile, la tendance est désormais aux contenus générés par les utilisateurs (UGC, User Generated Contents). Les services de production et d’échange de contenus divers se développent rapidement et remportent un grand succès auprès des utilisateurs de services mobiles. Le mobile prend à ce sujet toute sa dimension. En effet, de part sa nature, le téléphone mobile dans sa forme actuelle se révèle être un outil particulièrement puissant pour la création de contenus. La plupart des mobiles moyenne-gamme intègrent aujourd’hui des fonctionnalités d’appareils photos, de capture vidéo, voire parfois de magnétophones. De plus, du fait de leur nature portable et de la place qu’ils occupent dans notre vie quotidienne, ils nous accompagnent sans effort où que nous soyons.

Dans ce contexte, les services de type UGC ou communautaires issus du web 2.0 se retrouvent transposés peu à peu sur le mobile

Echange de photos et vidéos

· Le célèbre service de partage de vidéos Youtube dont Google à récemment fait l’acquisition devrait être disponible d’ici quelques mois sur mobiles.

· Le service Shozu permet de synchroniser automatiquement et instantanément les photos prises avec son mobile avec un compte de stockage de photos sur Internet (ex : Flickr).

Les blogs aussi deviennent mobiles : c’est le « moblogging »

· Le service de blogging de Google, Blogger, permet désormais de poster facilement du texte et des images sur son blog depuis son mobile via SMS ou MMS.

Accès personnalisé à l’information : lecteurs et agrégateurs de flux RSS

· Les dernières versions des browsers mobiles d’Opera et de Nokia proposent des fonctionnalités de lecture des flux RSS.

· Les sociétés Feedburner et Bloglines proposent également des services d’agrégation de flux RSS pour mobiles.

Services communautaires : « social networking » et « social bookmarking »

· Reprenant le concept à succès des services web de social bookmarking del.icio.us ou Diigo, le service Waptags permet aux « mobinautes » de partager et recommander leurs sites Internet mobiles favoris.

· Enfin, les services de social networking qui permettent de rester en contact avec sa communauté d’amis tels que Dodgeball. Myspace ou Socialight se développent rapidement et présentent des perspectives prometteuses de croissance.

L’amélioration de l’expérience utilisateur

Alors que l’échec retentissant du WAP serait en majeure partie dû à la faible ergonomie des services et des interfaces alors proposés, la tendance est désormais visiblement à l’amélioration de leur ergonomie. Au regard des discussions menées lors de la mobile 2.0 conference, de nombreux efforts sont aujourd’hui menés par l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur pour rendre l’expérience utilisateur la plus appréciable possible.

Avancée majeure dans le domaine, les méthodes de type AJAX apparaissent aujourd’hui sur les mobiles. Ces technologies issues du Web, qui permettent de rendre les pages Web plus dynamiques en limitant les échanges d’information redondante, permettent d’améliorer significativement la qualité de l’expérience utilisateur. Cependant, si depuis quelques mois, les dernières versions des browsers mobiles de Nokia, Opera, et Mozilla (Minimo) rendent possible leur apparition sur mobiles, les services utilisant ces techniques restent encore très peu nombreux.

Dans le contexte de cette évolution des interfaces, Nokia propose en parallèle de l’évolution des browsers une approche innovante. Son projet Widsets, aujourd’hui encore en version bêta, vise à rendre disponibles certains services Web au moyen d’interfaces spécifiques communément appelées widgets. Ce projet vise donc à proposer les contenus du Web dans une nouvelle forme spécifiquement adaptée aux contraintes d’ergonomie et de taille des terminaux mobiles. A titre d’exemple les Widsets aujourd’hui proposés permettent un accès rapide via des interfaces dédiées, au moteur de recherche de blogs Technorati, à la météo régionale, aux résultats sportifs tout comme à son compte de messagerie électronique Gmail.

Enjeux et réalités du développement du mobile 2.0

Si l’ensemble des acteurs de l’industrie s’accordent a voir des perspectives de développement importantes pour le marché des services mobile, un certain nombre d’obstacles restent cependant à franchir. En effet, si compte tenu de son taux de pénétration au niveau mondial et de l’appétence du marché en services de données le mobile semble être destiné à un avenir florissant, l’écosystème qui l’entoure se révèle aujourd’hui fractionné, cloisonné et particulièrement complexe.

Les différences entre terminaux, systèmes d’exploitation, mais aussi entre les différents types de réseaux et les capacités de débits offertes font en effet de ce marché un environnement particulièrement difficile à appréhender pour les éditeurs de services. Aujourd’hui dans le cadre du développement d’un nouveau service, ces derniers doivent tester leurs produits sur une multitude de terminaux et browsers ce qui allonge significativement les temps de développement et de mise sur le marché des applications.

Comme le souligne la plupart des acteurs, l’industrie a besoin de définir des standards les plus larges possibles. Conscient de cette problématique le W3C (World Wide Web Consortium) qui à pour objet de favoriser le développement de l’Internet sur toutes les plateformes existantes, s’est lancé dans la définition de Best Practices pour le développement de services Internet accessibles depuis un mobile et travaille aujourd’hui à la création d’un label « Mobile OK » assurant le respect de ces dernières.

Dans le cadre de cette évolution du Web mobile, les operateurs ont bien évidemment un rôle essentiel à jouer. En plus d’offrir l’accès aux réseaux, leurs portails représentent le plus souvent pour les « mobinautes » les points d’entrée à l’Internet mobile et aux services qui y sont proposés.

Pour favoriser le développement de l’ensemble de l’internet mobile ces derniers devront peu à peu ouvrir leurs portails et leurs APIs à des acteurs tiers, tout comme cela a pu se passer il y a quelques années sur le web traditionnel, pour ne pas reproduire sur le mobile les erreurs du web 1.0.

Le mobile 2.0 existe déjà, il est en phase de maturation

Au regard de l’enthousiasme qui entourait la première édition de cette mobile 2.0 conference, les années noires du WAP semblent aujourd’hui bien oubliées et l’ère du nouvel Internet mobile ou mobile 2.0 déjà entamée.

Au-delà des effets d’annonce, le renouveau des services internet mobile semble véritablement se concrétiser. En effet, de nombreux services apparaissent et les initiatives se multiplient. On note également, sur les derniers mois, une augmentation importante des investissements des fonds de capital risque américains sur le segment des services mobiles.

Enfin, et à titre d’illustration de l’évolution entamée par les services mobiles, le tableau ci-dessous liste, en s’inspirant de la définition du web 2.0 faite par O’Reilly il y a quelques années, les applications des services de données mobiles de l’univers 1.0 et leurs évolutions 2.0.

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